Le volcan Samalas ou le mystère résolu de l’éruption phénoménale du XIIIème siècle
Azimuth Adventure Travel Ltd, en association avec K-MerahProd (une société de production audiovisuelle), accueille régulièrement des équipes de télévisions occidentales
Azimuth Adventure Travel Ltd, en association avec K-MerahProd (une société de production audiovisuelle), accueille régulièrement des équipes de télévisions occidentales, afin de les assister dans le tournage de documentaires sur l’Indonésie, qui reste une destination peu connue, même si le tourisme s’y développe à vitesse « grand v ».
En septembre 2019, nous avons aidé une équipe de Galaxie Presse à réaliser un documentaire sur les volcans d’Indonésie, dans lequel l’histoire du volcan Samalas est notamment évoquée, suite à nos suggestions lors de la préparation du tournage. C’est donc l’occasion, pour nous, de vous en dire plus sur ce cône volcanique, dont les scientifiques ignoraient encore le nom il y a à peine 20 ans!
400 volcans en Indonésie !
L’Indonésie est une destination bien connue des amoureux des volcans. Environ 400 montagnes de feu parsèment l’archipel, dont certains, comme le Merapi , au nord de la ville de Yogyakarta sur l’île de Java, comptent parmi les plus actifs et les plus surveillés de la planète (127 volcans sont actuellement considérés comme actifs en Indonésie).
C’est que l’archipel a été plus d’une fois, au cours du dernier millénaire, le théâtre d’éruptions phénoménales ayant eu des répercussions planétaires. Les plus récentes sont les très documentées : éruptions du Krakatoa en 1883 et celle quelques décennies plus tôt du Tambora, en 1815.
1257, année de l’une des plus grandes éruptions de tous les temps
Dès les années 70, les volcanologues, les climatologues et les glaciologues du monde entier avaient la certitude qu’une éruption de grande ampleur avait eu lieu lors de l’année 1257. L’analyse de carottes glaciaires prélevées en Arctique et en Antarctique a conduit les spécialistes à considérer l’éruption comme ayant été huit fois plus puissante que celle du Krakatoa, et deux fois plus importante que celle du Tambora, sans pourtant parvenir à localiser le responsable d’un tel cataclysme.
Les chroniques européennes de l’époque, comme celle écrite par frère Richer, un moine bénédictin dans les Vosges, font état d’un ciel constamment nuageux pendant plusieurs mois, d’une chute soudaine des températures et d’une année sans été, pendant laquelle les récoltes ont été particulièrement mauvaises.
A Londres, la découverte de charniers géants a conforté l’existence d’une famine sans précédents. Dans cette seule ville, 15.000 personnes décédèrent l’année suivant l’explosion, soit un tiers des habitants.
Le mystère enfin éclairci

Ce n’est qu’en 2003 qu’une équipe de chercheurs internationale coordonnée par le Laboratoire de Géographie Physique à Meudon a levé la lumière sur le mystère de la plus importante éruption de ces sept derniers millénaires: en croisant des données issues de différents domaines et de nature variée (cartes de distribution des dépôts, reconstitution en 3D de l’ancien volcan effondré, volume et flux de masse de l’éruption, comparaison de la composition des particules vitreuses dans les cendres du volcan avec celles des particules vitreuses retrouvées dans les glaces polaires et documents historiques), l’équipe a réussi à identifier le volcan Samalas, situé sur l’île de Lombok , comme responsable de cette gigantesque éruption. Le nom du volcan a été dévoilé par une chronique de l’époque écrite en javanais ancien (Babad Lombok), faisant part d’une éruption phénoménale cette année-là. Les écritures décrivent des tremblements de terre incessants une semaine durant, les glissements de terrain sur les flancs du volcan Rinjani et l’effondrement du volcan Samalas, ainsi que les scènes de paniques et la fuite des habitants vers des zones plus éloignées.
En 2017, un article publié dans la revue scientifique britannique Nature Geoscience a cependant contribué à relativiser l’impact de l’éruption sur les changements climatiques de l’époque : l’étude de documents historiques de l’époque auraient permis de démontrer que “le petit âge glaciaire” aurait en fait précédé l’éruption, celle-ci n’ayant fait qu’aggraver la crise existante sans en être le facteur principal.
Reste que quelque part dans le complexe volcanique du Rinjani, la ville de Pamatan, l’ancienne capitale du Royaume de Lombok ensevelie au moment de l’éruption, attend de renaître de ses cendres ...
Questions fréquentes
Le volcan Samalas est situé sur l'île de Lombok, en Indonésie. Il faisait partie du complexe volcanique du Rinjani avant de s'effondrer lors de la gigantesque éruption de 1257, formant la caldeira qui accueille aujourd'hui le lac Segara Anak.
L'éruption du Samalas en 1257 est considérée comme l'une des plus importantes des sept derniers millénaires. Elle aurait été huit fois plus puissante que celle du Krakatoa (1883) et deux fois plus importante que celle du Tambora (1815), deux éruptions déjà parmi les plus catastrophiques de l'histoire moderne.
En 2003, une équipe internationale coordonnée par le Laboratoire de Géographie Physique à Meudon a croisé plusieurs types de données : analyse de carottes glaciaires polaires, cartographie des dépôts de cendres, reconstitution 3D du volcan effondré et étude de documents historiques, dont la chronique javanaise ancienne Babad Lombok qui décrit l'éruption.
Les chroniques médiévales européennes rapportent un ciel constamment nuageux pendant plusieurs mois, une chute brutale des températures et une 'année sans été' en 1258. À Londres, 15 000 personnes périrent de famine, soit environ un tiers de la population de la ville à l'époque.
Le complexe volcanique du Rinjani, dont faisait partie le Samalas, est aujourd'hui un parc national accessible aux randonneurs à Lombok. La caldeira du Samalas abrite le lac Segara Anak, une destination de trekking populaire. Des agences spécialisées proposent des circuits pour explorer ces paysages volcaniques exceptionnels.


